Catherine de Bourgogne
Catherine est née à Dijon en 1379. Elle est la fille de Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne qui, depuis longtemps, cherchait à prendre pied en Alsace. Le mariage de Catherine en 1393 avec Léopold III, duc d’Autriche, dit le Superbe, est le premier acte d’une politique rhénane pour le duché de Bourgogne. En effet, du fait de sa fortune personnelle et de la proximité de son frère, Jean sans Peur, Catherine put s’imposer comme représentante de son mari dans ses terres antérieures et ainsi faire régner les vues bourguignonnes dans ces territoires.
Catherine aimait particulièrement Belfort, l’une des seules villes à population d’expression française de ses Etats. Cependant, du vivant de son mari, Ensisheim fut le siège de leur gouvernement. Lorsque Léopold mourut en 1406, elle hérita de ses biens mais son beau-frère Frédéric s’empara de ses territoires, ne lui laissant que les seigneureries de Belfort et de Rosemont, qu’elle recouvra grâce à l’action de son frère Jean sans Peur.
Elle s’installa alors à Belfort et noua des liens très forts avec la ville, notamment dans sa lutte contre les Bâlois en 1408. Elle fut l’une des premières à tenter de rendre Belfort plus belle : elle fit nettoyer les fossés et paver les rues. Elle accorda de plus larges franchises aux belfortains. En effet, elle abandonna le droit d’angal, un impôt prélevé sur les cabaretiers à la vente du vin en détail. Elle octroya également la jouissance des fossés aux bourgeois. Elle consultait régulièrement les belfortains pour le bien de la cité. Enfin, elle redressa les finances, n’hésitant pas à utiliser sa propre fortune pour les travaux d’aménagement.
Femme forte, tant de corpulence que de caractère, elle resta finalement fidèle et dévouée à Belfort et refusa même d’épouser son ancien conseiller, Schassman, seigneur de Ribeauvillé.
En 1423, elle gouverna sous la tutelle de son beau-frère le Duc Frédéric de Habsbourg suite à un accord passé avec lui. Elle mourut à Gray, le 26 janvier 1426.