Renaud de Bourgogne

Renaud de Bourgogne est issu de la seconde branche de la Maison de Bourgogne fondée par Frédéric Barberousse de Souabe (mort en 1190), élu roi d’Allemagne en 1152 puis empereur romain germanique en 1155. Son union en 1156 avec Béatrice I, comtesse de Bourgogne, lui ouvrit les portes de ce nouveau comté qui se transmit ensuite de génération en génération à diverses maisons, par l’intermédiaire des femmes.
Pour satisfaire ses ambitions politiques, qui visaient à dégager ses territoires de l’emprise des Habsbourg, qui venaient d’accéder à l’Empire en la personne de Rodolphe I (1273-1291), Renaud avait besoin d’argent, beaucoup d’argent.
Dès l’été 1283, il n’hésita pas à accorder aux habitants de Montbéliard, une charte de franchises contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Renaud pouvait ainsi affronter ses adversaires mais restait vulnérable. La guerre qui l’opposa à l’évêque de Bâle en 1287 et les représailles qu’il subit de Rodolphe I en 1289, amenuisèrent ses ressources financières.
En 1296, il dut affronter le roi de France, Philippe le Bel, à propos du Comté de Bourgogne que son frère Othon IV avait promis au roi de France.
En 1307, espérant renouveler l’expérience de Montbéliard et remplir par la même occasion ses caisses, il accorda à Belfort une Charte de Franchises contre une grosse somme d’argent : 1 000 livres estevenantes, effectuée en deux versements. Cet acte fondait les institutions de la cité et lui assurait son autonomie.
En 1314, puis en 1322, il exprima ses dernières volontés dans un testament qui réglait sa succession en faveur de ses enfants. Mais son seul fils, Othenin, handicapé mental était dans l’incapacité de gérer les terres du comté. Hugues de Bourgogne, l’oncle en qui Renaud avait toute confiance fut chargé d’exécuter les dispositions testamentaires et d’assurer la régence. Sa femme Guillemette reçut en douaire (usufruit) la ville et le château d’Héricourt et 1 000 livres de rente. Le reste de ses biens fut partagé entre ses quatre filles. Jeanne de Montbéliard reçut la seigneurie de Belfort.
La « Maison » de Renaud de Bourgogne comprenait de nombreux serviteurs et valets, deux écuyers, un veneur, un tailleur et un barbier, un cuisinier, un bouteiller, un potier, un charreton (chartier) et deux physiciens (médecins) étaient affectés à l’intendance et à sa santé.
Son écurie traduisait la place importante que l’on accordait alors au cheval quand on était de noble lignage : chevaux et serviteurs étaient attachés à la chasse, au tournoi ou à la guerre.
Renaud mourut en 1321, selon ses dispositions testamentaires, il est enterré dans la chapelle de la famille de Châlon, à l’Abbaye de Baume-les-Messieurs (à laquelle il avait octroyé 100 livres de rente). Son épouse, Guillemette, décédée en 1317, à l’âge de 50 ans, est enterrée à ses côtés, mais le monument fut détruit à la Révolution. Le tombeau de Renaud de Bourgogne représente un gisant en tenue de chevalier dont la tête repose sur le heaume de son cimier. L’épée est à ses côtés, l’écu figure le blason : « de gueule à l’aigle éployé d’argent ». Les pieds reposent sur un lion.