Vauban et les Fortifications
En 1675, le commis des contributions indirectes de Belfort, l’Hermine, décrit la ville sans indulgence : « …Ce n’était qu’un trou, avec rues étroites, sales, mal pavées, des maisons mal bâties et obscures, en un mot la ville la plus triste et désagréable du monde. (…) Le château n’est qu’un nid à rats. (...) La ville qui est en bas n’a (de mon temps) aucune fortification, elle n’est fermée que d’une simple muraille sans défense… ».
Pourtant, ce « nid à rats » était soumis à de rudes épreuves. En 1674, la ville fut à nouveau assiégée, cette fois par l’électeur de Brandebourg. Cette attaque sur Belfort, qui était un coin enfoncé dans le dispositif français, souligna l’importance stratégique de la ville et la nécessité de renforcer ses défenses.
Ainsi, dès juin 1675, Vauban vint en inspection à Belfort et dressa la liste des ouvrages les plus urgents à effectuer. Le château ayant été modernisé par le Comte de la Suze trente ans auparavant, Vauban s’occupa donc peu de la forteresse du château mais se concentra sur la fortification de la ville. Le grand ingénieur revint à plusieurs reprises dans la cité. En 1683, le Roi lui-même se rendit à Belfort pour voir l’état de la ville.
En 1687, Vauban proposa un projet de fortifications. Il s’agissait d’une enceinte urbaine pentagonale, protégée par des ouvrages avancés, et renforcée aux angles par des tours bastionnées. L’ensemble de la fortification était entouré d’un fossé, d’un chemin couvert et de glacis. Ce type d’ouvrage était une nouveauté et celui-ci est l'unique exemple en France du deuxième système de fortification imaginé par Vauban.
Le grand ingénieur se préoccupa aussi de l’alimentation en eau, indispensable pour une ville de garnison. A la suite des travaux, la ville doubla de superficie.
Cependant Vauban n’était pas satisfait de son ouvrage : la place fortifiée demeurait en contrebas des hauteurs de la Justice et de la Miotte d’où elle pouvait être bombardée. D’autre part, l’entretien des ouvrages était difficile car la pierre utilisée était particulièrement friable. Les nouvelles casernes construites contre les remparts ne permettaient pas d’héberger les troupes de passage si bien que les habitants furent toujours soumis au logement des gens de guerre. La garnison ne disposait pas non plus d’hôpital convenable. Enfin, Belfort manquait de souterrains pour abriter les munitions et les poudres et de magasins pour entreposer les vivres.
Au cours du XVIIIème siècle, la place fut peu entretenue. Elle se révéla être un entrepôt très insuffisant lors de la guerre de succession d’Autriche. Puis, à partir de 1817, le Général Haxo transforma le château en une forteresse moderne.